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La luxation congénitale de hanche LCH

Vous vous êtes surement déjà demandé pourquoi devons nous faire contrôler le bassin de nos nouveaux nés : controle radio ou échographie des hanches. De plus, j’ai reçu la semaine dernière une jeune maman perdue dans ses doutes et inquiétudes concernant une suspicion de luxation de hanche chez sa fille. Elle m’a inspirée pour la rédaction de cet article que j’ai essayé de rédiger de manière simple et édulcorée.

Rappel sur cette pathologie :

La luxation congénitale de hanche (LCH) est connue depuis l’antiquité, elle est courante mais inégalement répandue dans la population mondiale. Elle touche plus souvent le sexe féminin mais les chiffres sont variables selon les études, de plus de 85% à 60%. Certaines conditions de vie santé et post-natales favorisent l’apparition de la LCH.

ANATOMIE

C’est à partir de la 3 ème semaine que le bourgeon du membre inférieur apparait.

A la 8ème semaine, la fente articulaire de la hanche apparait et la cavité synoviale est en totalité vascularisée.

Dès la 10 ème semaine, tous les éléments de la hanche sont parfaitement individualisés.

A la naissance, le posture du nouveau né a terme reflète la position foetale de fin de grossesse.

PATHOLOGIE

Il existe plusieurs types de LCH, je vais payer ici de la plus courante (dans nos pays industrialisés) la postéro supérieure.

  • 10% des cas, les facteurs familiaux sont relatés
  • prédominance féminine (déterminisme génétique ?)
  • géméllarité
  • facteurs génétiques : manque de profondeur articulaire et/ou hyperlaxité ligamentaire.

FATEURS MECANIQUES

  • position en siège, fréquemment associé à une LCH, surtout en siège décomplexé (membre en extension, genoux tendus)
  • nouveaux né dits macrocosmes : gros bébés, le risque augmente considérablement avec un poids supérieur ou égal à 4kg.
  • primarité : première grossesse, l’utérus de ne laissant pas facilement distendre.
  • anomalies utérines : utérus bifide, unicorne, fibromateux…etc
  • en fin de grossesse, l’oligoamnios (peu de liquide amniotique) va augmenter fortement les contraintes subies par le foetus quelle que soit sa position.
  • géméllarité, fréquence plus élevée chez les homozygotes.
  • d’autres malformations sont généralement associées : torticolis, attitude scoliotique, bassin asymétrique, genu valgus, etc…
  • une étude norvégienne met en évidence que le port maternel d’un gaine de relaxation pendant la grossesse augmente la fréquence de LCH chez les nouveaux nés. Ce type de contention semble augmenter les contraintes subies par le foetus.

FACTEURS MECANIQUES OBSTETRICAUX

  • Accouchement en siège (essentiellement vois basse ou césarienne) avec le passage d’une fesse puis d’une autre ensuite (demi-pelvis) peut induire des facteurs favorisants d’une LCH

LA MANIERE DE LANGER LES NOUVEAUX NES EST IMPORTANTE. QUELQUE SOIT LEUR SITUATION GEOGRAPHIQUE DE PART LE MONDE, LES POPULATIONS AYANT UN LANGE SERRE EN ADDUCTION ET EXTENSION DES MEMBRES INFERIEURS (jambes jointes alignées au corps) AVAIENT TOUTES UNE TRES FORTE PROPORTION DE LCH PAR RAPPORT AUX AUTRES POPULATIONS (première partie du 20 ème siècle). LES POPULATIONS AYANT UN PORT EN ABDUCTION (jambes écartées en grenouille) COMME EN AFRIQUE ETAIENT INDEMNES DE LCH.

DIAGNOSTIC

L’examen clinique du 1 er jour en maternité permet de dépister très tôt les hanches luxées ou luxables.

en cas de LCH, (postérieure) on retrouve :

  • le membre inférieur est en rotation externe et en adduction avec une limitation de l’abduction (pied qui tourne vers l’extérieur, jambe dans l’axe du corps).
  • si la luxation est unilaterale, le pli cutané fessier est plus marqué et asymétrique

Il existe des manoeuvres de dépistage : manoeuvre de Le  Damany et d’Ortolaniet manoeuvre de Barlow

En cas de suspicion de LCH, les examens d’imagerie médicale seront indispensables pour déterminer le degré de liberté : intérêt de la radio vers 3/4 mois. Après l’âge de 6 mois,  la radio reste le plus partiqué pour les LCH détectées tardivement.

L’échographie est aujourd’hui permet un examen précis de la morphologie osseuse et cartilagineuse mais autorise aussi  une étude dynamique sur la réductibilité  ou non. A faire dans les 2 premiers mois pour un dépistage systématique d’une hanche douteuse.

ADAPTATION LOMBAIRE

Il existe une fréquence plus élevée de compression des articulations sacro-iliaques (situé entre les os du bassin derrière, entre les iliaques et le sacrum) chez les sièges que chez les enfants nés normalement. Les dysfonctionnements du sacrum sont supérieurs de 50% pour les présentations par sièges alors qu’ils sont inférieurs à 8% pour les présentations céphaliques (tête en premier).

En cas de LCH, on retrouve 100% de dysfonctionnement du sacrum (base sacrée antérieure) ainsi qu’une compression importante pour les articulations du bassin (sacro-iliaques). Un dysfonctionnement du sacrum entrainera plus tard une hyperlordose (cambrure lombaire)

ADAPTATION CRANIENNE

Afin d’alléger cet article, je vais survoler ce volet mais sachez qu’une pathologie de LCH, il y a toujours des dysfonctionnements crâniens associés. Notamment sur certaines sutures. Invisibles a l’oeil des parents mais clairement visibles pour nous, ostéopathes formés à la pédiatrie.

CORRECTION ET TRAITEMENT

Le traitement orthopédique par le port d’un harnais de Pavlik ou d’une culotte d’abduction donne de bons résultats. Plus la prise en charge est précoce (dans la première semaine), plus le résultat sera efficace.

prise en charge d’une LCH

PRISE EN CHARGE OSTEOPATHIQUE

Inutile de vous préciser que l’ostéopathe que vous allez consulter doit avoir de l’expérience en plus d’une formation reconnue par les instances de recommandation (OMS).

Il est dangereux pour votre enfant d’être pris en charge par un thérapeute inexpérimenté ou peu formé. En effet, la prise en charge d’enfants atteint de LCH est très minutieuse et demande précision et patience.

Les techniques doivent êtres utilisées avec le plus grand respect des zones cartilagineuses. Les prises devront de faire de manière à respecter certaines zones précises et préserver leur vascularisation. L’allongement musculaire doit toujours être très lent pour éviter de tonifier les réflexes dits myotactiques à l’étirement (éviter les réflexes dus à un étirement rapide).

L’examen cranien précédera toujours la palpation de la région pelvienne pour améliorer la circulation crânienne et encéphalique.

Le nouveau né doit être calme, la succion est une grande aide. Cette manipulation est toujours non agressive et lente, elle ne doit pas déclencher de pleurs.

J’espère avoir répondu a vos interrogations, et comme toujours, je suis disponible pour toutes autres questions.

Virginie DELUZET

Ostéopathie pédiatrique et périnatale

membre actif SEROPP reconnu par l’OMS

Tel : 67687733

Calle Mallorca 277

Barcelone

 

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